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Stabilité des pertes et gaspillages de fruits et légumes en dix ans

Publié le 7 Jan 2026

Interfel, l’interprofession de fruits et légumes frais, en partenariat avec FranceAgriMer et l’INRAE, vient de publier une actualisation des données de l’étude Pertes alimentaires dans la filière Fruits et légumes réalisée en 2015. Elle se fonde sur les réponses de 95 professionnels de la filière et de 800 personnes concernant l’enquête consommateurs.

Les auteurs de l’étude, réalisée par le cabinet Ceresco, considèrent comme pertes et gaspillages les produits écartés de la consommation et non valorisés en alimentation humaine (transformation, dons) ni animale. Ces produits sont alors destinés à la méthanisation, au compost, à la déchèterie ou laissés au champ.

Le taux de produits écartés, pour l’ensemble de la filière fruits et légumes, est estimé à 30%, avec :

Pour le seul secteur de la production et de la première mise en marché (du champ, prêt à être récolté, à la sortie de station), le taux d’écart atteint 20% avec 8,3% de pertes et gaspillage. Au stade de gros (stockage, expédition), on constate 6% d’écarts avec 2,1% de pertes et gaspillage.

A l’amont, les destinations des écarts se répartissent ainsi (par ordre décroissant) :

  1. la transformation (jus, purées, confitures, 4ème gamme),
  2. laissés au champ,
  3. méthanisation,
  4. don.

L’étude indique que, chez les producteurs, la dégradation des produits par des ravageurs ou des pathogènes constituent les principales causes des écarts. Pour les premiers metteurs en marché, il s’agit d’un déséquilibre offre/demande, qui conduit à un stockage prolongé et à un risque de dégradation des produits.

Dans les deux cas, pour les producteurs et metteurs en marché, la seconde origine des pertes et gaspillage provient de la non-conformité aux cahiers des charges des clients, qui contraint à écarter des produits consommables.

Concernant le don, leur quantité varie avec l’origine des donateurs (par ordre décroissant) :

  1. points de vente
  2. stade de gros
  3. importation
  4. production et première mise en marché.

Toutefois, l’étude observe une tendance à l’augmentation des dons issus des acteurs de l’amont (exploitations, coopératives, expéditeurs). Cela peut être dû à une amélioration de la visibilité et de la réputation des acteurs du dons auprès de ces interlocuteurs (amélioration traçabilité des lots, pas de risques de cannibalisation) ainsi qu’à une augmentation des volumes écartés à ces étapes.

Parmi les recommandations, les auteurs encouragent le glanage qui reste trop « confidentiel » selon eux, même si le rôle de SOLAAL est mis en avant. « La mobilisation reste un enjeu clé pour développer les opérations. Un équilibre entre bénévolat (avec des bénévoles parfois difficiles à mobiliser) et internalisation au sein des structures du don (avec adaptation des fiches de poste) est une piste à développer ».

De plus,« la réorientation vers le don des denrées alimentaires peut encore être améliorée »en développant la communication sur les structures qui peuvent y aider.

Glanage par les étudiants de la MFR d’Haussy (59)

Pour gérer les afflux importants d’un même produit, il est préconisé de développer la logistique, « dont le coût est souvent limitant pour les structures du don et ne permet pas d’atteindre tous les potentiels bassins de consommation ». Des réflexions sur de la mutualisation de livraison, de l’optimisation des retours. La collaboration entre L’ANDES et SOLAAL Hauts-de-France est mentionnée sur la mise en place de partenariats ponctuels avec des transformateurs locaux spécialisés et sur des expérimentations de transformation d’abricots (confitures) ou encore de pommes de terre (flocons de purée). « Les contraintes restent nombreuses en particulier le calibrage des machines en fonction des cahiers des charges de la structure et la disponibilité de la chaîne au moment de la sollicitation ».

Daniel Sauvaître, président d’Interfel, s’est félicité de la « forte mobilisation de tous les acteurs de la chaîne ». SOLAAL demeure au service des acteurs de l’amont agricole (producteurs, coopératives, grossistes, expéditeurs) pour les aider dans leur objectif de sauver leur production non écoulée, tout en permettant à nos concitoyens en précarité alimentaire d’améliorer leur santé, grâce à des fruits et légumes frais et de qualité.

Pour en savoir plus…