Pertes agricoles : des leviers de réduction selon l’Ademe

 

L’Ademe poursuit ses études sur toute la filière alimentaire pour repérer les potentiels et leviers de réduction des pertes et gaspillages[i]. Elle vient de publier celle concernant la production agricole qui représente, au sein de la filière alimentaire et selon ses estimations, 32 % des volumes gaspillés, 12% en équivalent CO2 et 13% en valeur.

Parmi les quatre groupes de filières étudiés (produits animaux, les fruits, les légumes et les grandes cultures), c’est le secteur des fruits et légumes qui a fait l’objet de recommandations. En effet, le pourcentage de pertes dans ce secteur est le plus élevé (23% des pertes en volume au stade de la production), en raison notamment de sa forte sensibilité au climat. Cinq filières ont été plus finement analysées : la salade, le chou-fleur, la pêche-nectarine, la pomme de terre et la pomme.

L’Ademe recense des contraintes externes et internes pouvant influencer les niveaux de pertes et gaspillages : la normalisation, le climat, la périssabilité et la durée de vie durant le stockage. Elle détermine les pertes à chaque stade de la production (cf. graphique ci-dessous).

[i] L’Ademe entend par « pertes et gaspillages » toutes les utilisations non alimentaires et la destruction des produits sortis de la chaîne alimentaire (compostage, non-récolte, méthanisation, bioénergie, incinération, enfouissement). Les dons aux associations ne sont pas considérés comme « pertes et gaspillages). L’alimentation animale est entre les deux car ils peuvent participer à l’alimentation humaine.

 

Source : SOLAAL d’après l’Ademe

Les principales causes de pertes avant la récolte sont les aléas climatiques, les bioagresseurs, les décalages de production. A la récolte, il s’agit surtout de l’agréage. Après la récolte, il s’agit de la qualité des installations (lignes de conditionnement, conditions de stockage) mais aussi de l’inadéquation entre offre et demande.

L’Ademe identifie ensuite des leviers de réduction des pertes, du champ à l’expédition :

  • leviers techniques et bonnes pratiques de métier, via les ressources existantes de la recherche et des centres techniques (formation, sensibilisation, expertise, conseil) ;
  • leviers organisationnels et stratégiques : renouvellement variétal, segmentation de l’offre, stratégie commerciale, audit mais aussi un travail de filière pour trouver de nouvelles solutions (évolution de l’offre de produits, notamment pour les petits calibres, transparence sur les refus clients) ;
  • leviers de sensibilisation et de réglementation : sensibilisation auprès des agriculteurs, des stations, des acheteurs, des consommateurs ; cohérence entre la réglementation et les pratiques (gérer notamment la transition vers la réduction de l’usage de produits phytosanitaires qui va générer des pertes et accompagner les producteurs sur cette période de transition).

Enfin, l’Ademe préconise une opération témoin pour mettre en avant des pratiques vertueuses et mettre en œuvre des leviers de réduction des pertes dans une station fruits et légumes. L’Ademe sera amenée à chercher des stations volontaires pour mener à bien cette expérimentation.

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[1] L’Ademe entend par « pertes et gaspillages » toutes les utilisations non alimentaires et la destruction des produits sortis de la chaîne alimentaire (compostage, non-récolte, méthanisation, bioénergie, incinération, enfouissement). Les dons aux associations ne sont pas considérés comme « pertes et gaspillages). L’alimentation animale est entre les deux car ils peuvent participer à l’alimentation humaine.