Interview de Xavier GAY

 

« Pour les volontaires qui ont expérimenté le pro bono, la plus grande motivation réside dans le sentiment d’être utile » selon Xavier GAY, président de Pro Bono Lab

Xavier GayVous présidez l’association Pro Bono Lab. Qu’entendez-vous par pro bono ?

Du latin “pro bono publico“ (« pour le bien public »), le pro bono désigne l’engagement volontaire de personnes qui mettent leurs compétences professionnelles au service de l’intérêt général, en mécénat ou en bénévolat de compétences.

Créée en 2011, l’association Pro Bono Lab est un laboratoire d’innovation citoyenne spécialisé en bénévolat et mécénat de compétences. Pro Bono Lab essaime des formats d’engagement innovants pour permettre aux salariés, aux demandeurs d’emploi et aux étudiants de mettre leurs talents pro bono au service des organisations qui œuvrent pour le bien public.

Quel bilan tirez-vous de l’étude que vous venez de publier sur le pro bono ?

Pour évaluer l’impact et le potentiel du pro bono en France, Pro Bono Lab a réalisé, en 2016, le premier Panorama du pro bono. Cette grande étude est composée de 4 enquêtes, auprès de 1501 Français âgés de 18 ans et plus (réalisée avec l’IFOP), 331 étudiants, 204 associations et 56 entreprises. Elle a été menée avec Domplus et en partenariat avec l’Agence Limite, le Fonds Barreau de Paris Solidarité, la Fonda, Passerelles & Compétences et Le RAMEAU.

Ce panorama montre que les besoins des associations sont réels : 84% d’entre-elles ont besoin de compétences auxquelles elles n’ont pas accès en interne. Pour répondre à cet enjeu, on constate que les usages du pro bono sont nombreux et varient selon le format (en bénévolat de compétences, en mécénat de compétences, etc.), selon la durée et selon les bénéficiaires (individus ou organisations à finalité sociale). Mais, ces modes d’engagement, aussi divers soient-ils, sont largement plébiscités. Pour les volontaires qui ont expérimenté le pro bono, la plus grande motivation réside dans le sentiment d’être utile, bien que trouver du temps reste une difficulté.

Nous avons de quoi être optimistes, car il existe des viviers d’engagement dans les entreprises, les universités, etc. Les Français sont prêts à s’engager (35% d’entre eux le disent) !

Vous pouvez retrouver tous les résultats du Panorama du pro bono sur le blog de Pro Bono Lab.

Que retiennent les entreprises de l’accompagnement des associations ?

D’après l’étude que nous avons menée en 2014 avec l’Admical, 34% des entreprises interrogées font du mécénat de compétences pour accompagner leurs partenaires sur un besoin spécifique (pour 87% des missions au profit d’associations). Il s’agit pour elles d’impliquer (25%) et de fédérer (20%) leurs collaborateurs.[1]

Des chiffres vérifiés avec le Panorama du pro bono. En effet, la réponse à des enjeux de ressources humaines (15 réponses sur 26) reste la raison de l’engagement la plus citée. Pour d’autres, la promotion du bénévolat correspond aux aspirations personnelles des salariés et contribue à leur bien-être (6 réponses) et/ou au développement des compétences.

Mais, pour aller au-delà des chiffres, voici ce que nous a dit Alain, l’un des volontaires ayant participé au Marathon Probono au profit de SOLAAL : «Très impressionné par votre énergie et votre implication, j’ai découvert un monde que je ne connaissais pas qui résonne en moi sur le côté humain et solidaire. J’ai aimé la découverte de mes collègues et nos échanges.»

[1]98 répondants, représentants d’entreprises mécènes et non mécènes, contactés 20 mai au 31 juillet 2014 par questionnaire électronique.