Interview de Jean-Jacques Bolzan

 

« Nous envisageons notamment un partenariat pour identifier un interlocuteur SOLAAL dans chaque Marché ! » selon M. Bolzan, président de la Fédération des marchés de gros de France.

Jean-Jacques Bolzan, président de la fédération des marchés de gros de France

Du 13 au 29 mai se tiendra la Fête internationale des marchés. Quels en sont les objectifs ? Y a-t-il une spécificité française ?

L’événement, à l’initiative de l’Union mondiale des marchés (WUWM), va permettre de célébrer à l’échelle internationale le dynamisme et la modernité des marchés. Seize pays sont engagés. Il s’agit de mettre en avant les marchés en tant que lieux de modernité, de qualité de l’offre et de convivialité. Le marché est un circuit de distribution court, mais également un créateur de lien social en centre-ville.

C’est également un événement qui permet de montrer, au niveau international, ce qui fait la richesse des marchés au niveau local et de mettre en avant ces valeurs communes, comme la lutte contre le gaspillage alimentaire ou le manger local. La Fête internationale des marchés s’accompagnera d’animations sur les marchés partenaires : opérations promotionnelles, concours culinaires…

En France, la Fête internationale des marchés rassemble marchés de gros, marchés de détail, fédérations, commerçants et villes. Plus de 500 marchés ont répondu présents en 2015. En 2016, ce sont près de 1 000 qui sont engagés.

Vous mettez en avant le rôle des marchés de gros dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Quel bilan tirez-vous de leur implication ?

Les marchés de gros ont un lien historique et naturel avec les associations d’aide alimentaire. Etant le lieu de concentration d’une offre importante de produits alimentaires frais, les Marchés de Gros donnent des invendus depuis de nombreuses années à des associations d’aide alimentaire et, plus récemment, à une entreprise sociale. C’est le cas pour onze d’entre eux : A.N.D.E.S à Rungis, Marseille ou Lille; les Restos du cœur à Nice et Bordeaux ; la FFBA à Angers ; Imagine 84 à Avignon ; le Secours Populaire à Montpellier et Cavaillon ; le Jardin de Cocagne à Angers et Phénix à Toulouse.

Par ailleurs, les marchés de gros constituent un acteur en matière d’insertion ; sept marchés (Rungis, Avignon, Perpignan, Marseille, Angers, Lille, Tours) accueillent un chantier d’insertion visant à accompagner des personnes éloignées de l’emploi : A.N.D.E.S ou les Jardins de Cocagne récupèrent des fruits et légumes donnés par les grossistes, les trie, les nettoie pour les livrer à des associations.

Ainsi, en 2015, environ 3300 tonnes de fruits et légumes ont été livrées et plus de 70 salariés employés.

Quelles sont les perspectives avec SOLAAL ?

La Fédération des Marchés de Gros est aux côtés de l’association SOLAAL depuis sa création. Notre action concerne en particulier les producteurs de fruits et légumes. Nous les sensibilisons régulièrement au don alimentaire. Nous avons également expérimenté la création d’une aire de tri-conditionnement des invendus en fruits et légumes, en partenariat avec la communauté d’agglomération de Tours. D’autres projets sont en cours, notamment en Alsace.

Nous aimerions renforcer l’appui que nous apportons à SOLAAL en sensibilisant davantage nos 4000 producteurs de carreau, en inventant ensemble un modèle économique qui permette aux agriculteurs de donner leurs invendus au bénéfice des plus démunis via l’action de SOLAAL. Nous envisageons notamment un partenariat pour identifier un interlocuteur SOLAAL dans chaque Marché !