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INTERVIEW
Chez Atypique, transformer les invendus en opportunités solidaires
Publié le 5 Mai 2026
Pouvez-vous nous présenter Atypique ?
Atypique est une startup lyonnaise fondée en 2021, spécialisée dans la distribution de fruits et légumes déclassés auprès des professionnels de la restauration : restauration collective, restauration commerciale, entreprises, établissements médico-sociaux.
L’idée de départ est simple : chaque année en France, ce sont plus d’1,3 million de tonnes de fruits et légumes qui sont perdus ou gaspillés à l’étape de la production, écartés des circuits classiques pour des défauts purement esthétiques (forme, calibre, aspect de l’épiderme…).
Notre modèle : sourcer directement ces produits auprès de producteurs français et les redistribuer aux professionnels à des prix accessibles. Aujourd’hui, Atypique travaille avec plus de 150 producteurs partenaires partout en France et fournit plus de 900 clients professionnels de la restauration.
Nos missions : une rémunération juste pour le producteur, une économie réelle pour l’acheteur, et un impact mesurable sur le gaspillage alimentaire.

Pourquoi avez-vous choisi de faire don de vos produits ?
Dans notre activité, certains volumes ne peuvent plus être commercialisés. Par exemple, des produits encore consommables mais dont la qualité ne répond plus à notre cahier des charges.
Plutôt que de laisser ces produits partir à la benne, faire appel à SOLAAL était une évidence : c’est la continuité directe de notre mission, et aller jusqu’au bout de la logique antigaspi. C’est aussi une cohérence vis-à-vis de nos producteurs partenaires : leur travail mérite d’aller jusqu’à l’assiette, quelle que soit la voie.
Comment avez-vous connu SOLAAL ?
SOLAAL s’est imposé comme le partenaire naturel pour structurer nos dons : une organisation qui fait le lien entre les acteurs de la filière agroalimentaire et les associations habilitées, avec un vrai cadre opérationnel. Ce qui nous a convaincus, c’est la capacité de SOLAAL à gérer des volumes rapidement et à les redistribuer vers des associations sérieuses.

Depuis vos premiers dons en octobre 2024, que pensez-vous de l’accompagnement de SOLAAL ?
En 17 mois, ce sont 296 dons gérés et 58 800 kg collectés, soit l’équivalent de 117 600 repas distribués. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. L’accompagnement est concret et fluide : 1 don tous les 2 jours en moyenne, c’est une cadence qui demande une vraie réactivité côté collecte, et SOLAAL est au rendez-vous. Ce qu’on apprécie particulièrement : la traçabilité des dons et le retour sur l’impact réel. Savoir que nos produits arrivent dans quatre associations d’aide alimentaire habilitées, c’est ce qui rend la démarche crédible et mesurable.
En tant qu’acteur de l’antigaspi, quel regard portez-vous sur la situation actuelle ? Quels objectifs pour les prochains mois/années ?
Malgré les discours, les volumes gaspillés à la production n’ont quasiment pas évolué depuis dix ans. Ce n’est pas un manque de sensibilisation, c’est un manque de débouchés structurés. Ce qui évolue, en revanche, c’est la demande côté professionnel : les acheteurs cherchent des solutions concrètes pour répondre à EGAlim, réduire leurs coûts et renforcer leur démarche RSE. Le déclassé répond aux trois.

Notre ambition pour les prochaines années : ancrer le déclassé comme une norme d’approvisionnement et une pratique professionnelle standard. Sur le volet don, l’objectif est de structurer davantage nos flux de dons en nous appuyant précisément sur des partenaires comme SOLAAL.
Dans cette trajectoire, nous souhaitons prochainement candidater à l’obtention du label national anti-gaspillage alimentaire, la certification d’État créée dans le cadre de la loi AGEC. Notre objectif est d’atteindre le niveau le plus élevé, 3 étoiles « Exemplaire », qui atteste d’un leadership en matière d’anti-gaspillage, avec des pratiques innovantes.
Ce niveau exigeant suppose notamment que le don aux associations d’aide alimentaire soit systématique et traçable. Une importance particulière est accordée à la qualité du don, et le don aux associations caritatives doit être la priorité dans la gestion des invendus. C’est précisément ce que notre partenariat avec SOLAAL nous permet de démontrer concrètement, avec des données vérifiables à l’appui.
Obtenir ce label, c’est transformer notre engagement quotidien en reconnaissance officielle et envoyer un signal fort à nos clients, nos producteurs et l’ensemble de la filière.