Interview de Catherine Bureau, Fondation Avril

 

« SOLAAL fait partie des associations qui comptent dans le paysage de la solidarité alimentaire.  » selon Catherine Bureau, directrice déléguée de la Fondation Avril

Quels sont vos domaines d’intervention ?

Catherine Bureau – Directrice déléguée de la Fondation Avril

La Fondation Avril est une fondation reconnue d’utilité publique, actionnaire de référence du Groupe Avril. Elle s’est donné pour mission d’intérêt général, depuis sa création en 2015, de développer les ruralités en France et en Afrique.

En France, la Fondation Avril intervient sur deux axes principaux : la promotion de l’entrepreneuriat solidaire dans les territoires ruraux et l’accès à une alimentation saine et durable pour tous. En Afrique, la Fondation se mobilise pour améliorer la résilience de l’agriculture familiale face au changement climatique.

Quels sont vos engagements plus précisément en matière d’accès à l’alimentation et de lutte contre le gaspillage alimentaire en France ?

La Fondation Avril a comme premier axe d’intervention en France, la « dynamisation des territoires ruraux » par, notamment, l’entrepreneuriat rural. Pour nous, l’accès à l’alimentation pour tous constitue un maillon clé de la chaîne de l’insertion économique.

Quant au gaspillage, n’oublions pas que les actions visant à rendre sa véritable valeur à l’alimentation participent à la lutte contre le gaspillage alimentaire !

Plus concrètement, parmi nos partenariats, celui noué depuis plusieurs années avec les Banques Alimentaires vise à fournir aux personnes en situation de précarité habitant dans le monde rural, des services d’aide alimentaire, d’accompagnement et d’insertion sociale aussi performants et diversifiés que ceux des villes. Cela comprend le financement de projets locaux d’épiceries itinérantes, d’ateliers ruraux de nutrition ou d’ateliers de transformation locale ; un objectif ambitieux compte tenu des contraintes liées à l’éloignement physique, et parfois, à l’isolement psychologique de ces personnes. Privilégier les synergies entre acteurs des territoires me paraît fondamental pour relever le défi de la précarité rurale. Un guide opérationnel des initiatives adaptées aux territoires ruraux publié l’année dernière permet d’avancer dans ce sens.

Avez-vous des engagements auprès des agriculteurs ?

La Fondation Avril est particulièrement sensible aux actions intégrant les producteurs agricoles dans la solidarité alimentaire. Le programme Uniterres de l’Andes, par exemple, permet à des producteurs en difficulté de vendre à un prix « juste », fixé sur l’année, leur production à des épiceries solidaires. Ce programme a pour objectif d’améliorer la situation économique des producteurs tout en améliorant l’offre de fruits et légumes frais auprès des personnes fragiles. De manière complémentaire, SOLAAL fait le lien entre les producteurs agricoles et les structures d’aide alimentaire en facilitant le don de fruits et légumes frais issus des exploitations agricoles ; un gisement de produits encore trop souvent inexploité ! Cette action participe directement à la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les exploitations agricoles et à l’accès aux produits frais par les personnes en situation de précarité.

Vous êtes membre fondateur de SOLAAL. Quel bilan tirez-vous de son activité ?

SOLAAL est une des premières associations soutenues par la Fondation, en 2015. En seulement trois ans, elle a fait reconnaître la générosité des producteurs agricoles et cela dans un contexte économique difficile pour eux. Son action est reconnue par les associations caritatives, ce qui n’était pas chose facile.  Elle a mis à disposition des réseaux d’aide alimentaire des volumes de fruits et légumes importants jusque-là non valorisés grâce à sa bonne connaissance du monde agricole. Avec l’équivalent de 24 millions de repas distribués, SOLAAL est aujourd’hui un acteur original de la solidarité du monde agricole. Grâce à son travail sur la loi contre le gaspillage, SOLAAL fait partie des associations qui comptent dans le paysage de la solidarité alimentaire. Son défi est aujourd’hui de sensibiliser toujours plus de producteurs à la générosité pour que le don de produits devienne un réflexe de tous.