Interview d’Alexandre Jardin

 

« SOLAAL, c’est l’outil de solidarité des paysans en crise, avec les Français en crise » Alexandre Jardin, écrivain, co-fondateur de BleuBlancZèbre et de l’association Lire et faire lire

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Vous avez créé le mouvement citoyen BleuBlancZèbre. Qu’est-ce qu’un Zèbre?

C’est une association, une entreprise, un agriculteur ou un élu local qui raisonne autrement, en dehors du cadre, quand cela ne marche plus pour fabriquer des solutions capables de régler les problèmes lourds de notre pays.

Comme c’est un drôle de zèbre, il est en général de bonne humeur !

Pourquoi citez-vous l’action de SOLAAL comme « exemplaire » ?

Je voudrais qu’on parle complètement autrement des paysans, parce que ce sont justement des paysans et non pas des communicateurs. Lorsqu’ils font des trucs exemplaires, absolument géniaux, ils ne savent pas le faire savoir.

En pleine crise sociale pour les paysans, au moment où ils déferlent avec leurs tracteurs, ils mettent en place un programme absolument génial qui s’appelle SOLAAL. Comme ils ne savent pas communiquer, les Français ne le savent pas.

SOLAAL, c’est l’outil de solidarité des paysans en crise, avec les Français en crise. Ce sont des gens qui souffrent dans un pays qui souffre. Tous ces produits sont donnés par un secteur qui coule. Mais je le répète, ils le font en pleine crise, dos au mur alors qu’ils ferment. On reste un pays génial avec des citoyens géniaux même quand ils vont mal.

Au-delà, on voit bien que les solutions viennent de cette société civile d’adultes. Parce que personne ne leur a donné l’ordre, aux paysans, c’est venu d’eux, de leur ventre, de leur cœur. C’est pour cela que SOLAAL est exemplaire.

Comment rendre, pour reprendre votre expression, les « diseux » plus « faiseux» ?

Il faut oublier cette rêverie et donner plus de pouvoir aux praticiens et non pas aux techniciens. La France regorge de praticiens sur tous les sujets qui sont dominés par des techniciens, autrement dit, des technocrates.

Ce sont des gens de terrain qui doivent reprendre les manettes pour faire avancer les solutions à peu près cohérentes. J’ai beaucoup plus confiance dans le point de vue d’un patron de FDSEA que dans le point de vue d’un fonctionnaire du ministère de tutelle. L’un est praticien, l’autre, un technicien.