Guillaume Garot répond à SOLAAL

 
Guillaume GarotLe projet de loi sur la transition énergétique inclut des mesures phares de votre rapport, quel bilan faites-vous de la prise en compte de vos recommandations?

Le mois dernier, j’ai remis au Gouvernement mon rapport «Lutte contre le gaspillage alimentaire : propositions pour une politique publique». J’ai ensuite réuni les députés de tous bords mobilisés sur le sujet pour travailler à des amendements contre le gaspillage alimentaire, dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique. Ils ont été adoptés par l’Assemblée Nationale le 21 mai.

La hiérarchie des actions que chaque acteur de la chaine alimentaire doit mettre en place pour éviter de jeter de la nourriture a été inscrite dans la loi : prévention du gaspillage, puis don ou transformation pour la consommation humaine, puis valorisation pour l’alimentation animale et enfin compost ou valorisation énergétique.

Est ainsi posée l’obligation pour les grandes surfaces de prendre part à la lutte contre le gaspillage alimentaire : la nourriture ne peut plus être jetée ou détruite, empêchant toute valorisation.

Un des amendements traite aussi en particulier du don des denrées alimentaires consommables. Il est proposé de mettre en place systématiquement une convention entre le magasin qui donne et l’association qui reçoit, convention  qui sera désormais généralisée à toutes les surfaces de plus de 400 mètres carrés d’ici le 1er juillet 2016.

La lutte contre le gaspillage alimentaire sera inscrite dans les parcours scolaires. Elle pourra aussi être mise en œuvre puis prise en compte dans le cadre de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Le bilan est donc positif  mais il faut continuer ! D’autres propositions restent à mettre en œuvre, la mobilisation de tous est essentielle.

En matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, comment jugez-vous la place de la France au regard de la COP 21 ?

Le gaspillage alimentaire est le 3ème émetteur de gaz à effet de serre, après la Chine et les USA. Ce chiffre impose d’intégrer la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les négociations de la COP 21, afin notamment de financer des solutions permettant de les réduire.

Le Président de la République à Milan, dans le cadre de l’Exposition Universelle,  a insisté sur l’importance de la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le cadre du changement climatique. A nous de convaincre les Etats de s’engager aussi dans ce combat !

SOLAAL lance la première journée nationale du don agricole le 17 septembre prochain. Que vous inspire cette initiative ?

Bravo ! Cette initiative va permettre de mobiliser les acteurs autour du don agricole, levier essentiel pour lutter contre le gaspillage alimentaire. La générosité, la solidarité sont des valeurs essentielles à défendre, pour mieux vivre ensemble.

Les pouvoirs publics devront également proposer des solutions pour un meilleur encadrement du glanage. Ce sera l’occasion de poursuivre le travail sur ce sujet.