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INTERVIEW

Etats généraux du gaspillage alimentaire : interview de Guillaume Garot

Publié le 11 Mar 2026

Pouvez-vous nous présenter les recommandations issues des Etats généraux du gaspillage alimentaire (EGGA) qui concernent plus particulièrement le secteur agricole ?

L’Agenda 2030 s’attache à proposer des actions concrètes pour l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire. À ce titre, plusieurs mesures concernent spécifiquement le secteur agricole. Je pense notamment à notre proposition de poursuivre et intensifier l’expérimentation d’outils innovants pour mesurer les pertes alimentaires au niveau de la production primaire. Même si la terminologie ne parle pas forcément de « gaspillage » à ce niveau, il y a un vrai enjeu à mieux comprendre ce qui est perdu à cet échelon, et comment. Nous portons d’ailleurs au moins une proposition pour limiter immédiatement ces pertes en incitant au don agricole, via une exonération des cotisations à la MSA du montant des dons en nature effectués par les agriculteurs. J’avais défendu un amendement dans ce sens qui n’a pas pu aboutir dans le budget 2026, mais nous n’abandonnons pas l’idée !

Guillaume Garot, député de la Mayenne et parrain de SOLAAL

Enfin, l’agriculture est aussi concernée par plusieurs propositions plus transversales, notamment en ce qui concerne l’éducation à l’alimentation, que ce soit pour les enfants ou pour les adultes.

Comment pensez-vous mettre en œuvre ces recommandations ?

En conclusion de la présentation de l’Agenda 2030 le 11 février dernier, j’ai annoncé le dépôt d’une nouvelle proposition de loi transpartisane contre le gaspillage alimentaire d’ici au printemps 2026. Pour certaines propositions que nous formulons collectivement, il sera en effet nécessaire de passer par la loi – je pense notamment à l’exonération des cotisations MSA, mais cela ne concerne en fait qu’une partie de nos 55 mesures. La plus grande partie d’entre elles devront se reposer sur d’autres leviers pour être appliquées : le réglementaire, bien sûr, mais aussi le volontariat des acteurs (d’où l’importance d’avoir construit cet Agenda 2030 avec eux), et un vrai portage politique. 2030 c’est demain, notre travail est loin d’être terminé !

En tant que parrain de SOLAAL depuis sa création, quel regard portez-vous sur son évolution ?

L’association a beaucoup grandi en 13 ans, et c’est peu dire qu’aujourd’hui elle est une référence pour le don agricole en France, et même au-delà. L’une de ses forces de SOLAAL, comme elle l’a montré cette année au Salon de l’Agriculture, c’est d’avoir su constituer un réseau d’acteurs très divers qui l’appuient dans sa mission, et partagent une culture commune : un grand bravo à eux, continuez !