Interview de Jacques Malet

 

« Les responsables associatifs restent majoritairement volontaires et déterminés. Plus de 60% d’entre eux ont des projets ou envisagent des activités nouvelles pour cette année qui s’ouvre (2018-2019) », selon Jacques Malet, président de Recherches et Solidarités

Quelles sont les missions de Recherches et Solidarités (R&S) ? 

Association sans but lucratif, Recherches & Solidarités s’est donné pour objectif d’apporter aux acteurs et aux décideurs les informations les plus récentes sur le secteur associatif notamment, avec une préoccupation de complémentarité par rapport aux travaux qui sont menés et publiés par ailleurs. Elle s’appuie sur des données provenant d’organismes officiels et sur ses enquêtes annuelles pour produire des publications au plus près des préoccupations des acteurs et à une échelle nationale, régionale et départementale. La plupart sont en libre accès, pour une plus large diffusion possible.  

 

Quelles conclusions tirez-vous de la nouvelle édition de La France associative en mouvement ?

Jacques Malet, président de Recherches et Solidarités.             Crédit photo : Recherches et Solidarités

Rappelons que cette publication dresse le portrait du secteur associatif chaque année, à l’automne. Cette 16ème édition confirme les difficultés ressenties au cours de l’année 2017 : un nombre de disparitions d’associations estimé à 25 000 ; des dirigeants plus souvent inquiets concernant les finances de leur association (46% contre 41% en 2017) ; en emploi associatif en berne (- 0,1%) dans un contexte plus favorable pour l’ensemble du secteur privé (+ 0,9%).  

Ces tendances étaient attendues et en dépit de la suppression de nombreux contrats aidés, les effectifs se sont finalement maintenus en 2017, et ils représentent toujours près d’un emploi privé sur dix. Les responsables associatifs restent majoritairement volontaires et déterminés. Plus de 60% d’entre eux ont des projets ou envisagent des activités nouvelles pour cette année qui s’ouvre (2018-2019). Le nombre de créations reste à un niveau élevé, supérieur à 70 000, entre septembre 2017 et août 2018, signe que le contexte ne décourage pas les porteurs d’initiatives. 

A l’occasion de la Journée mondiale du bénévolat et du volontariat, quels conseils transmettriez-vous aux associations ?

D’abord qu’elles se réjouissent de voir le nombre de bénévoles augmenter ces dernières années. Nous l’avons constaté entre 2013 et 2016, et nous attendons avec impatience le prochain baromètre triennal IFOP – France Bénévolat – R&S, à paraître en mars 2019, pour le quantifier. Ensuite, qu’elles acceptent les nouvelles formes d’engagement qui, pour faire court, sont plus souvent ponctuelles qu’auparavant. Elles sont une opportunité pour bon nombre de Français de satisfaire leur envie d’agir en tenant compte de leurs contraintes et de leur mobilité.  Elles sont aussi un atout pour les associations, mais elles nécessitent des aménagements, des réflexions en interne :  préciser le rôle de chacun au sein de l’équipe, définir les différentes missions répondant à ses besoins et aux attentes des nouveaux bénévoles, accompagner chacun dans son parcours bénévole (remercier, reconnaître, former…). Plus facile à écrire qu’à faire ! Rien d’étonnant donc à ce qu’à ce que le bénévolat soit le premier sujet de préoccupation des dirigeants associatifs, au même titre que les financements. Rien d’étonnant non plus à ce qu’un sur deux souhaite que son association soit accompagnée sur le sujet et qu’ils ne négligent aucun des acteurs sur lesquels ils peuvent compter, notamment les entreprises pour du mécénat de compétences.

 

Site internet : https://recherches-solidarites.org/